Talent et Méthode

De Julie Ulrich

Pour être au sommet de n’importe quel sport, il faut être très talentueux. Le talent, comme le feeling, ne peut pas être enseigné. On naît avec talent et on développe le feeling au fil du temps grâce à une nature sensible. Dans les débuts de notre sport, un cavalier avec beaucoup de talent pouvait se hisser au sommet, même avec très peu d’éducation formelle. Le sport équestre, dans toutes les disciplines, a évolué au point où l’éducation formelle, ou la méthode de formation, a pris une importance presque égale au talent en tant que caractéristique d’un cavalier de haut niveau. Dans la discipline du saut d’obstacles, cette évolution a été produite par la sophistication des concepteurs de parcours et le temps raccourci accordé pour terminer le parcours. La compétition de haut niveau est devenue très technique, et une solide éducation et une méthode sont devenues une condition nécessaire pour le cavalier et le cheval.

Il existe de nombreuses méthodes d’entraînement des chevaux, chacune ayant ses propres caractéristiques et sa forme. Pour apprendre une méthode, il faut être prêt à passer au moins un an en immersion complète dans cette méthode. Même s’il est avantageux de connaître plusieurs méthodes, il est impossible d’en apprendre plus d’une à la fois. Lors de l’apprentissage des langues, on peut étudier l’espagnol, le français et l’anglais au cours de la même année. Ce n’est pas recommandé pour apprendre un art, de même pour apprendre à entraîner des chevaux. L’immersion totale est de loin la voie la plus rapide vers la compétence. L’acceptation de ce concept produira plus de cavaliers prêts à prendre le temps de suivre une formation.

Un cheval entraîné et monté par un cavalier talentueux et inventif peut être impossible, ou du moins difficile, à monter par le cavalier suivant. Un cheval entraîné par un cavalier talentueux et MÉTHODIQUE peut facilement être monté au même niveau par d’autres cavaliers qui sont qualifiés pour le faire. Voyez Beezie Maddens, CORTES C, monté par Beezie et les trois autres finalistes au JEM de Caen, France. Beezie était autrefois une protégée de Katie Prudent, qui est convaincue qu’une année d’immersion totale est le moyen d’apprendre une méthode. Beezie est un exemple de cavalier qui utilise une méthode, ainsi que du talent, pour entraîner un cheval. Le véritable test du formateur méthodique est la performance de son cheval avec le prochain cavalier. Un autre test est le nombre de chevaux avec lesquels cet entraîneur, ou cavalier, arrive au haut niveau.

C’est une fierté pour tout entraîneur que ses chevaux puissent être montés par les cavaliers suivants.

Pour apprendre une méthode, il faut un an d’immersion totale. Les cliniques, la leçon occasionnelle, les vidéos, ne peuvent pas remplacer toute la journée et une exposition constante à une méthode. Le temps investi produira toujours un résultat. Les méthodes classiques, LA MÉTHODE CAPRILLI, LA MÉTHODE WEYROTHER, LA MÉTHODE DE NEMETHY, LES MÉTHODES FRANÇAISES, LA MÉTHODE AMÉRICAINE, sont toutes systématiques, progressives et riches en détails et en traditions. Apprendre à monter, et plus tard à s’entraîner et à entraîner, revient à apprendre à devenir médecin en ce sens qu’il faut ALLER À L’ÉCOLE. Personne ne veut d’un chirurgien talentueux qui n’est jamais allé à l’école de médecine.

Les élèves qui subissent le TEST D’IMMERSION D’UN AN le répéteront probablement en apprenant une deuxième méthode, ayant réalisé l’énorme avantage du premier effort. Ces étudiants sont l’avenir de notre sport et deviennent les entraîneurs de l’avenir. Les nombreux cavaliers très talentueux qui choisissent de monter par instinct et feeling seuls peuvent apprécier d’énormes réalisations individuelles, mais contribuent moins au monde équestre dans son ensemble. Au fur et à mesure que notre sport évolue, la combinaison du talent AVEC la méthode devient impérative pour un cavalier comme moyen de réussir de manière régulière avec de nombreux chevaux sur de nombreux continents.

En formant de jeunes chevaux de manière méthodique, on peut produire des chevaux confiants, sains et techniquement corrects pour un long avenir dans le sport. Chaque cheval est différent. Le talent et le feeling d’un cavalier lui permettent d’utiliser la même méthode sur de nombreux chevaux, ajustée en fonction de la personnalité et de l’état physique de chaque cheval.

La méthode utilisée sans feeling peut rapidement devenir répétitive et ainsi briser l’esprit. Reiner Klimke a souvent dit que le défi de former un cheval de dressage Grand Prix n’était pas d’enseigner les mouvements, mais de le faire sans détruire le caractère d’un jeune cheval. Et c’est donc l’instinct et la finesse du cavalier qui font le succès de la méthode.

Dans le monde d’aujourd’hui, la compétition devient de plus en plus sophistiquée et à des niveaux plus élevés chaque année. Pour être au top, un cavalier doit doit avoir un grand talent et une solide éducation dans au moins une méthode. Le talent seul ne suffit pas et le temps investi dans l’apprentissage est toujours bien payé au cours des années qui suivent.

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